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Delhaize : Non à la franchise ! Nous mènerons le combat jusqu'au bout !

09/03/2023 | FR / NL

Mardi 7 mars, Delhaize nous faisait part de sa décision unilatérale de franchiser les 128 magasins intégrés. Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : ces pratiques et ce choix de la direction sont scandaleux. Nous ne pouvons l’accepter.

Pourquoi ?

Parce que Delhaize n’est pas une entreprise en difficulté. Elle n’est pas en perte. Elle continue d’engranger des bénéfices. Elle continue de rémunérer grassement ses actionnaires. Suite aux résultats robustes de l’entreprise au cours de l’année écoulée, le salaire du patron de Ahold-Delhaize vient d’ailleurs d’être augmenté jusqu’à 6,519 millions d'euros (au lieu de 5,7 millions d'euros l’année précédente). Deux poids, deux mesures donc.

Pour justifier sa décision de franchiser, Delhaize invoque une perte de croissance de l’ordre de 1,1% pour les magasins intégrés, là où les modèles franchisés affichent une croissance de 3,5%. Rappelons d’abord que comparer la croissance de ces modèles, c’est comparer des pommes et des poires. Comparaison ne vaut donc pas raison. Pour rappel, 25% des franchisés sont en difficulté et les licenciements qui en découlent ne sont pas rares. Il y a d’autres manières de doper les ventes et d’assurer la croissance que de toucher à l’emploi. Une politique commerciale correcte serait certainement une solution toute aussi valable. 9.000 travailleurs se demandent aujourd’hui ce qu’il va advenir de leur emploi et de leurs conditions de travail. Certes, certains magasins intégrés effectuent peut-être de moins bons résultats, mais il est possible de trouver des solutions pour y remédier. Il est possible de renouer avec la croissance tout en gardant l’emploi. 

Franchisé, intégré, quelle différence pour les travailleurs ? 

Concrètement, le passage vers la franchise implique le passage vers une autre commission du commerce (la CP 202.01 au lieu de la CP 202), où les conditions de travail sont nettement moins avantageuses pour les travailleurs. Tout d’abord, il n’y a généralement pas de négociation collective sur les conditions de travail dans les magasins franchisés puisqu’il s’agit souvent de structures de moins de 50 personnes (et où il n’y a pas d’obligation d’avoir une représentation syndicale). En matière de conditions de travail, il existe de nombreuses différences : travail du dimanche (ce qui n’est pas le cas dans les magasins intégrés), heures d’ouvertures beaucoup plus larges (et donc plus de demande de flexibilité de la part des travailleurs avec des horaires élargis), recours massif à des étudiants jobistes (et donc moins de possibilité pour les temps partiels d’avoir accès à des heures complémentaires), des flexi-jobs, des différences en termes de rémunération (barèmes, primes de fin d’année, pécule de vacances moins élevés) et de régime de congés. 

En annexe vous trouverez des tableaux comparatifs présentant les dispositions sectorielles prévues dans les CP 202 et 202.01. Chez Delhaize, sur certains points, il y avait également d’autres dispositions plus spécifiques et plus favorables.

Pour le SETCa, c’est NON

Lors du conseil d’entreprise sous forme de monologue de ce mardi 07/03, la direction a refusé de répondre à nos questions. Une nouvelle réunion se tiendra avec la direction le 14/03. Nous comptons bien lui faire part de notre refus catégorique de s’inscrire dans cette décision. Pas question de négocier là-dessus. Pour nous c’est clair : c’est non à la franchise. 

Chez les travailleurs et leurs représentants syndicaux, le dégoût a fait place à la colère. Un peu partout dans le pays, les magasins se sont mis en grève. Nous soutenons bien évidemment toute forme d’action spontanée. Le combat sera long, nous le mènerons jusqu’au bout. Nous sommes tous Delhaiziens. Pas question de sacrifier l’avenir et les conditions de travail de 9.000 personnes sur l’autel d’un capitalisme crapuleux.

Delhaize organise par voie légale du dumping social : on organise le même business avec des conditions de travail moindre. En utilisant une CCT qui se veut protectrice des droits des travailleurs, la CCT32 bis, la direction se décharge de son passif social et de l’obligation de négocier un plan social correct. La direction préfère le fric au respect des droits des travailleurs. Scandaleux !